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Les praticiens hospitaliers... Combien de divisions ?
samedi 30 avril 2005

Une fois de plus, la manipulation a fonctionné. Nous sommes dans une société où la maîtrise de la communication prime sur la réalité du contenu du message. Le Ministère de la santé vient de lancer une nouvelle série de réunions avec les seuls syndicats signataires du relevé de décisions du 31 mars 2005, afin de décliner ce texte flou en terme de décrets, arrêtés... Nul doute qu’il trouvera une oreille attentive parmi ceux que les cercles du pouvoir éblouissent, même s’il faut pour cela brader l’indépendance professionnelle de tous les autres.

Le 12 avril dernier, Jean Castex recevait les intersyndicales non signataires et les assurait que ces discussions ne se feraient pas sans elles. Aujourd’hui, il n’est plus question que de les consulter, demain sans doute, tout juste de les informer. Depuis plus de 2 ans, nous assistons à une mise à mort programmée de l’hospitalisation publique. Les brillants technocrates qui ont concocté le plan Hôpital 2007 n’ont pas frappé au hasard.

A l’origine, il y a la volonté manifeste de transférer au secteur privé le financement des dépenses de santé, jugées incontrôlables par les politiques. En fuyant ses responsabilités, l’Etat s’affranchit petit à petit de ses devoirs au détriment des citoyens, considérés comme des consommateurs. Il y a bien cohérence entre les principes de la T2A, où l’objectif financier change de sens (assurer des recettes et non plus gérer un budget), la gouvernance (re-hiérarchiser les hôpitaux comme des entreprises, avec un directeur tout puissant) et la réforme du statut de PH (recruter par contrat les praticiens les plus dociles et les plus rentables). Cette démarche n’est pas isolée. De nombreux pays se sont lancés dans cette aventure, conduisant inéluctablement au désastre. Le Québec a ainsi perdu le 1/3 de ses lits d’hospitalisation publique, l’Allemagne est sur la même voie et il y a belle lurette que le Portugal, la Grande-Bretagne et bien entendu, les USA, ont vu leur système d’hospitalisation publique laminé. L’objectif n’est d’ailleurs nulle part d’améliorer l’efficacité des dépenses puisque les systèmes les plus libéraux sont souvent les plus onéreux et les plus inégalitaires, mais au moins, ce n’est plus le problème de l’Etat. Aux assurances, aux mutuelles et autres fondations de se débrouiller avec leurs clients. Le plus lamentable dans tout cela, c’est que les politiques n’assument pas leurs choix. Plutôt que de dire la vérité qui leur coûterait le pouvoir, ils soignent leur communication, multiplie les effets d’annonce et les plans d’action. Mais au bout du compte, les textes sortent, un par un, peu lisibles mais transformant la réalité quotidienne de fond en comble. Peu importe les obstacles, ce qui compte, c’est la volonté implacable d’en finir. Et tant pis s’il faut mentir pour cela. D’ailleurs, qui sait la vérité ? En ce début de XXIème siècle, on a vu des dirigeants démocratiquement élus plonger leur pays dans une guerre contre l’avis de leur opinion publique, pour des motifs clairement mensongers. Alors, pour réformer un système de santé, on peut se permettre bien des choses, pourvu que l’on fasse passer le tout avec un peu de communication.

Ce n’est pas pour assister passivement à la ruine d’un système qui faisait notre fierté que nous avons choisi la carrière publique. Ce n’est pas pour accepter la sélection des patients, le rétablissement du mandarinat, la fin de l’indépendance professionnelle des médecins et pharmaciens des hôpitaux que nous militons. Aujourd’hui nous est donné la possibilité de s’exprimer au travers des élections statutaires. Il ne faut pas manquer cette chance, peut être la dernière, de donner notre avis sur ces questions qui engagent l’avenir des hôpitaux pour longtemps.

Il faut voter et appeler à voter. Voter pour ceux qui défendent le mieux les principes auxquels nous croyons, avec la même détermination que ceux qui veulent les détruire. Voter et s’unir dans la lutte pour la défense du service public et de ses valeurs.



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