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Interview Quotidien du médecin
Pierre Faraggi (CPH) : les CET, ce n’est pas tout
mercredi 9 janvier 2008

PROPOS RECUEILLIS PAR KARINE PIGANEAU

Sans minimiser l’ampleur du non-financement des CET, le président de la CPH (Confédération des praticiens des hôpitaux, qui abrite l’AMUF du Dr Pelloux) trouve bien d’autres motifs de « déflagration » de l’institution.

LE QUOTIDIEN – Vous avez eu lundi, au ministère, votre première réunion de concertation sur l’avenir des comptes épargne-temps (CET) à l’hôpital. Comment les choses s’engagent-elles ?

Dr PIERRE FARAGGI – Cette rencontre avait un peu des allures de « figure imposée ». Il faut tout de même se souvenir que la question des CET a constitué le premier engagement de Roselyne Bachelot lorsqu’elle est arrivée aux affaires – quand, avec la CPH, nous avons rencontré la ministre en juillet, c’est de ce sujet qu’elle nous a entretenus. Bien sûr, le dossier est important : il y va de la juste rémunération d’un travail effectué « en plus » par les médecins, et il faut évidemment trouver une solution. Maintenant que la ministre a confirmé l’enveloppe de 700 millions d’euros dont elle dispose pour financer le dispositif, il nous reste à avancer sur les points suivants : combien de jours on monétise et à quel prix, quel pourcentage des CET peut donner lieu à transformation en points de retraite... ? Pour ce faire, nous avons une nouvelle réunion demain et une autre mardi prochain que la ministre veut conclusive. Le 15 janvier au soir, donc, ça passe ou ça casse : ou il y a un accord sur les CET, ou bien la grève des urgentistes et des anesthésistes pourrait bien s’étendre. Si la ministre a pris lundi l’engagement d’aboutir sous huit jours, nous manquons pour l’heure d’éléments de réponse importants.

A quel propos ?

Les 700 millions d’euros de crédits, par exemple. Personne ne peut dire aujourd’hui s’ils suffiront à payer les CET que les professionnels souhaiteront solder – vraisemblablement, non. On ne sait d’ailleurs pas si cette somme va être dévolue au paiement des jours déjà stockés sur les compte épargne-temps et monétisés ou si elle va aussi gager des jours pris ultérieurement.

La contestation semble pour l’instant circonscrite aux urgentistes et aux anesthésistes. D’autres spécialistes sont-ils dans les starting-blocks ?

Les urgentistes et les anesthésistes sont les premiers à relever la tête du guidon mais je n’hésite pas à dire que la conjonction de multiples difficultés – les CET, la détérioration des conditions de travail, les menaces que l’on sent peser sur l’avenir du service public hospitalier... – est de nature à créer une déflagration à l’hôpital. S’il devait y avoir un mouvement général déclenché par la CPH, les chirurgiens, par exemple, répondraient sans nul doute présents.

A l’origine de la grève, le Dr Patrick Pelloux (dont le syndicat, l’AMUF, est membre de la CPH) a regretté de ne pas avoir été reçu par Roselyne Bachelot...

Je souhaite aller avec Patrick Pelloux aux discussions techniques de demain et du 15 janvier. Je pense que, au jour d’aujourd’hui, se diviser entre PH relèverait de l’erreur historique. D’une spécialité à l’autre, les sujets qui nous rassemblent sont beaucoup plus nombreux que ceux qui nous séparent.

La ministre a indiqué que, au-delà du 15 janvier, la discussion allait se poursuivre sur les sujets de la permanence des soins à l’hôpital et de la rémunération des médecins hospitaliers. Qu’en attendez-vous ?

Les CET sont un problème important mais ils représentent « peanuts » dans l’océan des problèmes de l’hôpital. Il est devenu indispensable de parler de la démographie médicale, de l’attractivité des carrières et de la revalorisation de la permanence des soins à l’hôpital. Et tout est lié. Je pense aux astreintes en particulier, qui sont à l’hôpital une épine irritative : l’écart entre le public et le privé est un scandale ; il faut avoir vraiment un idéal chevillé au corps pour préférer être obligé d’avoir des astreintes sous-payées plutôt que d’avoir le choix de participer à une garde bien honorée !



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