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Hôpital et réforme
lundi 12 janvier 2009

La fin de l’année a été marquée par une succession tragique de décès à l’hôpital public, qui ont alimenté les médias et ont relancé la polémique sur les moyens et les conditions de son fonctionnement.

Tout indique que la restriction progressive des moyens attribués à l’hôpital public au regard de ses missions est une des raisons majeures de la mise en tension croissante des équipes soignantes et des dysfonctionnements observées. La montée au créneau des politiques, comme Philippe Juvin et Roselyne Bachelot-Narquin, pour affirmer précisément le contraire, trahit bien leur mauvaise conscience à cet égard. A l’heure où les plans de restructuration se succèdent les uns aux autres, notamment dans les CHU, comment croire que ceux-ci n’ont aucune influence sur la qualité des soins ? En créant les conditions des déficits à travers un mode de tarification qui favorise les actes répétitifs et programmés et pénalise les établissements qui assurent les missions de recours et l’essentiel de la permanence des soins, les pouvoirs publics portent une lourde part de responsabilité dans les faits évoqués.

On nous affirme que seule l’organisation est en cause. Pour cela, le projet de loi HPST est censé nous apporter des solutions. En particulier, le directeur deviendrait le "patron", un vrai, celui qui aura "le pouvoir de dire oui". Cette affirmation traduit directement l’obsession élyséenne de tout contrôler, que l’on retrouve également dans bien d’autres domaines. Or s’il y a bien une chose que ces tragédies démontre, c’est que l’hôpital public n’a pas besoin de renforcer sa hiérarchie verticale mais plutôt de créer les conditions d’une meilleure communication horizontale entre les acteurs de la prise en charge des patients pour améliorer la sécurité, et non pour rendre prioritairement des comptes à la techno-structure administrative ou aux payeurs. Toute politique qui préconise le renforcement des hiérarchies revient en fait à ne rien proposer du tout.

Une vraie politique hospitalière se construit sur l’analyse des facteurs propres au milieu que l’on veut réformer en faisant le bilan de l’existant, en analysant les forces et faiblesses du système, puis en faisant des propositions aux acteurs de terrain. Une telle démarche nécessite du temps, un peu d’imagination, mais ne peut certainement pas faire l’impasse sur la question des moyens.



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